Intervention lue par Guy Rouveyre, Conseiller général d'Echirolles-Ouest
Monsieur le Président, chers(ères) Collègues,
Nous voilà à l’aboutissement d’un long processus. 27 maquettes budgétaires avez-vous dit ce matin.
Pour le Groupe Communiste et de la Gauche partenaire, la préparation de ce budget a aussi été un moment intense, mais avouons-le, difficile.
Nous avons voulu peser sur ce budget 2011, conscients des contraintes financières. Nous avons agi en conscience et avec un grand sens des responsabilités
En effet, si le désengagement de l’Etat et l’explosion des dépenses sociales mettent les collectivités territoriales dans une situation d’étranglement financier, nous regardons plus encore les effets sociaux de la crise, produits par le libéralisme.
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Nos choix budgétaires doivent se faire à l’aune de la triple urgence que produit cette crise :
*l’urgence sociale
*l’urgence démocratique
*l’urgence politique
La crise sociale et ses conséquences, nous l’avons vue en filigrane des débats engagés depuis hier. Avec trois points de plus en 2 ans, soit 9,2 % de la population active au chômage, ce sont 67 000 isérois qui se retrouvent en situation de précarisation.
Je vous invite, chers collègues, à lire ou à relire le rapport de l’Observatoire des Familles ( OVF) en Isère. Là, vous y voyez la réalité de l’urgence sociale. Ce sont près de 50 % des familles interrogées pour qui il reste moins de 250 € une fois le loyer et les charges payés. Conséquences pour les familles : sacrifices sur les soins médicaux, les vêtements et les loisirs.
Voilà l’urgence sociale provoquée par un système économique et social , qui fait de la compétitivité, de la précarité et du démantèlement des Services Publics ses objectifs premiers, et ouvre des pans entiers de l’action publique à la loi de la concurrence.
Autre urgence à laquelle nous devons faire face, l’urgence démocratique. Je veux souligner la remise en cause de la démocratie de proximité.
Gel des dotations d’Etat, réforme de la Taxe Professionnelle, transferts de charges non compensés qui coûtent aux isérois 438 millions d’euros depuis 2006, les gouvernements successifs de droite ont organisé l’étranglement financier des collectivités territoriales, par la baisse de leurs recettes et la hausse de leurs dépenses. Aujourd’hui, le gouvernement a enclenché une nouvelle phase de sa politique de démantèlement des institutions locales. C’est tout l’enjeu de la loi pour la réforme des Collectivités territoriales .
De l’urgence sociale et de l’urgence démocratique naissent l’urgence politique, exprimée par nos citoyens lors des mobilisations pour la défense des retraites. Ils attendent une réponse politique, ils nous disent le besoin d’une gauche debout, cohérente et responsable, progressiste et émancipatrice.
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C’est à l’aune de ces urgences immédiates, mais aussi en prenant en compte l’ensemble de notre action au sein de cette majorité que nous nous sommes posé la question suivante : avons-nous pesé sur les choix de cette majorité ? Avons nous été utiles aux isérois, sans renoncer à nos valeurs ? De la réponse à ces questions dépendait notre position sur le budget primitif, qui sera notre 10éme budget en tant que membre de majorité de ce Département.
Depuis 2001, nous avons agis au sein de notre majorité et dans le cadre des délégations confiées par l’assemblée. Nous avons contribué à la mise en oeuvre de politiques ambitieuses.
Grace à Claude Bertrand, la culture partout et pour tous a été une priorité majeure avec la mise en place du Chapiteau et de AÏDA . Enfin, les conventions signées avec les équipements culturels et les compagnies iséroises ont permis jusque là de faire de notre département une terre d’art riche et féconde.
En matière d’action sociale, d’insertion, de politique de la ville et de renouvellement urbain, José Arias a su débloquer des moyens pour l’aide à la pierre afin de soutenir le logement social ont permis la création de 2000 logements sociaux par an jusqu’en 2007. Ceux engagés pour la requalification des dispositifs d’insertion qui bénéficient aujourd’hui à plus de 4000 personnes.
Avec le SYMBHI et Robert Veyret à sa tête, a été mis en oeuvre une politique de protection de 300 000 isérois face au risque de crues de l’Isère et de ses affluents. Protéger tout autant que valoriser notre patrimoine naturel, voilà un autre champs d’action du groupe communiste et de la gauche partenaire, une action voulue par le conseil général, soutenue par 24 communes, et nous l’espérons par l’Etat.
Dans le secteur économique avec la ZIP de Salaise/Sablons, et pour laquelle vous avez fait confiance à Daniel Rigaud un projet majeur de développement économique avec à la clé la création d’un pôle de 3 000 emplois environs.
Je n’oublierai pas mes camarades et collègues, Messieurs Jean-Claude Coux et René Proby avec qui je travaille dans les commissions, et ensemble nous agissons au quotidien dans les cantons pour plus de services publics de proximité, plus de développement, plus d’équipements de qualité et respectueux de l’environnement, plus de vie sociale.
C’est parce que nous avons eu les moyens d’agir que nous avons pu porter ces projets pour l’égalité sociale, territoriale et environnementale. Ce sont ces enjeux qui nous amenés à rentrer dans la majorité. 10 ans plus tard, nous sommes fiers des avancées obtenues.
Les trois derniers mois, avec d’autres membres de cette majorité, nous avons soulevé des problèmes cruciaux dans l’élaboration budgétaire. Sur la politique culturelle ou encore le soutien au tissu associatif, essentiels à la vie des familles, à l’action de proximité et à la cohésion sociale. Ces points ne peuvent être des variables d'ajustement budgétaire.
Si nous n’avons pas obtenu gain de cause pour tout, les ajustements budgétaires obtenus lors des derniers arbitrages, ne sont pas neutres.
C’est donc par cohérence, soucieux de notre responsabilité, et parce que conscient de ce que nous avons pu apporter à cette majorité, que le groupe communiste et de la gauche partenaire votera ce budget.
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Au nom de la cohésion sociale, nous nous félicitons qu’une solution ait été trouvée pour le budget culturel. C’est un signe positif pour ceux et celles qui agissent pour l’accès de tous à la culture. Mais c’est aussi au nom de la cohésion sociale que nous souhaitons que les budgets en baisse puissent faire l’objet d’un suivi par les commissions et par les Vice-Présidents afin d’apprécier s’ils devront être reconsidérés à l’occasion des futures sessions du CG ( action sociale, logement, éducation, jeunesse et sport).
Aussi, nous vous proposons d’organiser pour la DM1 la même démarche de co-construction de ce budget pour prendre en compte les éléments du compte administratif, nos recettes supplémentaires de droit de mutation et de la stratégie de mobilisation du fonds de roulement de 77 millions d’euros pour les affecter immédiatement à la petite enfance, aux associations, et aux logements . Les effets de la crise n’attendront pas les prochaines élections cantonales. Agir dès février, ce serait un signe fort adressé à l’ensemble de nos concitoyens.
En définitive, c’est par une action volontaire et un engagement continu sur nos valeurs de gauche que nous démontrerons que le département n’a jamais été aussi nécessaire. La meilleure réponse à la crise n’est pas l’adaptation au système, mais une politique à gauche vraiment !